(BFM Bourse) - L'indice parisien achève cette semaine au-delà des 8.500 points, soutenu par la décision de la cour suprême d'invalider les surtaxes douanières américaines, et de la hausse du luxe, qui bénéficie d'une lecture croisée positive des résultats de Moncler.
Fin de semaine en fanfare à la Bourse de Paris, qui a atteint un record en séance et en clôture, deux jours après avoir déjà inscrit des plus hauts historiques.
Son indice vedette clôture en nette hausse de 1,39% à 8.515,49 points, ce vendredi 20 février après avoir atteint 8.521,84 points en séance. Cette ascension s'est opérée dans des volumes très fournis, avec plus de 5 milliards d'euros qui ont changé de mains en cette journée des trois sorcières, au cours de laquelle trois types de produits dérivés expirent simultanément.
Sur l'ensemble de cette semaine, la meilleure de l'année pour l'indice, le CAC 40 gagne 2,45%.
L'information du jour est bien évidemment l'annulation par la Cour suprême annule d'une vaste partie des droits de douane (plus spécifiquement les surtaxes dites "réciproques") imposés par le président américain.
Les surtaxes concernées avaient servi de base de négociations pour la signature d'une série d'accords commerciaux avec les principaux partenaires des États-Unis, à commencer par l'Union européenne, le Japon ou le Royaume-Uni.
Les juges n'ont toutefois pas statué sur l'étendue des remboursements auxquels les importateurs pourraient avoir droit. Au maximum, l'État fédéral pourrait devoir 170 milliards de dollars, soit plus de la moitié des recettes douanières générées par les surtaxes décidées par le président américain, rapporte Bloomberg.
Ce coup de théâtre judiciaire a éclipsé des données plus que faiblardes pour l'économie américaine, publiées un peu plus tôt fans la journée.
Le PIB américain a progressé de 1,4% au dernier trimestre de 2025, contre une hausse de 3% attendus par le consensus. L'inflation s'est légèrement accélérée aux États-Unis au mois de décembre, à 2,9% sur un an, selon l'indice PCE.
"Les statistiques américaines restent très perturbées par le shutdown, qu’il s’agisse de l’inflation ou du PIB. Cependant, les tendances de fond semblent rester les mêmes : très lente désinflation, résilience de la consommation des ménages et activité tirée par les investissements dans la tech. Tout ceci est globalement conforme au scénario de la Fed envisageant quelques baisses de taux cette année", remarque Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques chez CPRAM.
Moncler propulse le luxe
Les investisseurs ont eu encore le loisir de décortiquer des publications. Celle du spécialiste des doudounes de luxe Moncler, coté à Milan, a un impact sur tout le secteur du luxe. Le groupe transalpin a livré une croissance meilleure qu'attendu et a surtout envoyé un signal positif sur la demande chinoise. Moncler a bondi de 13,4%, tandis qu'à Paris LVMH a gagné 4,4% et Hermès 3,6%. La décision sur les droits de douane a aussi contribué à cette hausse des valeurs du luxe.
La plus forte hausse du CAC 40 a été toutefois enregistrée par Air Liquide (+4,8%). Le spécialiste des gaz industriels a livré des résultats légèrement supérieurs aux attentes, rehaussé le dividende et a livré un nouvel objectif d'accroissement des marges pour 2027.
Hors CAC 40, Imerys a chuté de 6,7% après avoir publié une baisse de près de 13% de son résultat brut d'exploitation au quatrième trimestre.
Sur les autres marchés, l'euro gagne 0,1% face au dollar; à 1,1779. Le pétrole cède du terrain. Le contrat d'avril sur le Brent de mer du Nord perd 0,24% à 71,49 dollars le baril tandis que celui de même échéance sur le WTI coté à New York abandonne 0,27% à 66,22 dollars le baril.
